Abolition de l'esclavage. Le renard libre dans le poulailler libre

JEAN METELLUS

TOUT le monde le sait, le Portugal a été le fer de lance de l'esclavage.

Mais très vite, l'Espagne, l'Angleterre, la France interviennent et demandent leur part du gâteau. Un amiral anglais, John Hawkins, va se singulariser au point de mériter le titre de "Père de la traite" (1),

c'était un honneur à une époque où on confondait courage et brutalité,

où on pouvait couler un navire ennemi corps et biens, où on jetait tout l'équipage à la mer sans cérémonie, quand on montait à l'abordage.

C'est dans ce contexte qu'est né "le brave" et "cupide" John Hawkins qui, pour de tels faits, connut avec ses descendants trois siècles

d'honorabilité.

La sueur et. le sang

Au début du XVIIe siècle (2), l'Espagne et le Portugal perdent progressivement leur suprématie dans le Nouveau Monde, rejoints par des concurrents attentifs : d'abord l'Angleterre et la France, suivies d'assez près par les Pays-Bas, le Danemark, la Suède et le Brandebourg. Car le commerce des esclaves n'a pas besoin de règles comme l'a décidé le"Bureau de conscience" de Lisbonne après avoir examiné les aspects moraux etreligieux de l'esclavage. En 1618, l'Angleterre fonde une compagnie pour l'exploitation des esclaves, sous le nom de "Compagnie des aventuriers de Londres", faisant commerce dans diverses parties de l'Afrique. Cette entreprise devait inspirer les Hollandais qui, en 1621, créèrent la leur en perfectionnant le modèle anglais, faisant ainsi de leur pays une puissance mondiale.

La France vient loin derrière la Grande-Bretagne et les Pays-Bas au milieu du XVIIe siècle, et n'entretient de commerce avec l'Afrique que par l'entreprise d'intérêts privés détenus par de nobles familles bretonnes et normandes. C'est finalement Louis XIV en personne qui va soutenir financièrement l'entreprise esclavagiste, venant ainsi en aide aux colons français des Indes occidentales qui manquaient de main-d'éuvre : le transport d'esclaves est organisé systématiquement afin de fournir les galères et les colonies. Grâce au traité de Ryswick en 1697, la France obtient de l'Espagne la fixation des frontières avec Santo-Domingo - ainsi naît Saint-Domingue - puis organise la colonie en y nommant des officiers royaux, des gouverneurs et des intendants. N'oublions pas qu'il était transporté à Saint-Domingue chaque année 28 à 30.000 Noirs : 20.000 hommes, le reste en femmes et enfants, et ceci pendant plusieurs décennies. Et voici la splendeur de Saint-Domingue : la sueur, le sang et les bras des esclaves font rendre gorge à cette terre pour exporter non plus un minerai noble par excellence, l'or - car l'Espagne a tout pris - mais ce qui fait la munificence du siècle des Lumières : le sucre, le café, le coton, le cacao, l'indigo et les bois tropicaux : acajou, campêche (c'est d'ailleurs le début du déboisement).

Vivre libres ou mourir

Peu de temps après la Déclaration des droits de l'homme en 1789 en France, les esclaves de Haïti se soulèvent et font le serment, le 22 août 1791, lors d'une cérémonie vaudou au Bois Caïman présidée par un houngan du nom de Boukman, de vivre libres ou de mourir. Et sous la direction de Toussaint-Louverture, ils transforment cette insurrection en une révolution qui aboutira en 1804 à l'indépendance du pays désormais appelé Haïti (de son ancien nom indien qui signifie "Terre haute, terre montagneuse"). Mais l'indépendance courageusement gagnée, en 1804, n'est pas pour autant consolidée et ceux-là mêmes que le premier gouvernement noir dans l'histoire du monde avaient expulsés de Haïti se posent, avec la complicité du monde entier, en fossoyeurs de l'Etat haïtien. Dans l'ordonnance du 17 avril 1825, signée par Charles X, on lit à l'article 2 : "Les habitants actuels de la partie française de Saint-Domingue verseront à la caisse fédérale des dép"ts et consignations de France, en cinq termes égaux, d'année en année, le premier échéant au 31 décembre 1825, la somme de cent cinquante millions de francs destinée à dédommager les anciens colons qui réclameront une indemnité. Nous concédons, à ces conditions, par la présente ordonnance, aux habitants actuels de la partie française de Saint-Domingue, l'indépendance pleine et entière de leur gouvernement". Il n'a pas suffi de conquérir l'indépendance les armes à la main, il faut encore la payer très cher. Comme l'écrit Jean-Marie Drot (3), "150 millions de francs, cela représente très exactement dix années de revenu global de Haïti, soit encore, selon des experts financiers consultés, environ 3,4 milliards de francs actuels".

En outre, durant tout le XIXe siècle, Haïti doit faire face, en son propre sein, à des indemnitaires professionnels, hommes d'affaires de nationalité étrangère qui font adroitement brûler ou piller leur propriété pour se faire payer ensuite vingt fois sa valeur par le gouvernement haïtien sous la menace d'un consul et de ses bouches à feu. C'est dans ce contexte qu'apparaît Schélcher, né en 1804, l'année même de l'indépendance de Haïti. Dans "Abolition de l'esclavage", remis à un éditeur avant son second départ pour les Caraïbes, il se prononça en faveur de réformes décisives qui devaient à ses yeux accompagner le décret d'émancipation immédiate : la généralisation de l'instruction primaire par l'intermédiaire d'un "corps de missionnaires éclairés" capables de transmettre aux anciens esclaves les "lois exquises de la pure morale, l'admirable noblesse des devoirs de l'homme libre envers la société et la beauté mâle des occupations rurales bien comprises ; l'encouragement au mariage des "nouveaux libres" ; l'égalité civile et politique "pour les hommes de toutes couleurs et de toutes classes" ; l'ouverture des emplois publics aux affranchis".

50 millions d'êtres humains assassinés

Ces intentions, pourrait-on dire, sont pures de toute arrière-pensée et témoignent des qualités de céur de l'homme. èuvrant sincèrement pour l'émancipation des esclaves dans les colonies, il peut être considéré comme l'un des pères fondateurs de la IIIe République car il refuse tout compromis avec le régime de Napoléon III. Cet écrivain et homme d'action mérite le plus grand respect. Le célèbre écrivain haïtien Joseph Janvier, grand admirateur de Schélcher, le cite abondamment dans son ouvrage "la République de Haïti et ses visiteurs" : "Plus on étudie ce peuple (le peuple haïtien) et plus on se sent porté pour lui. Il a les qualités de la jeunesse, une gaieté un peu folâtre, une extrême bienveillance pour tout le monde ; les soldats eux-mêmes, si rudes dans tous les pays, sont doux dans celui-ci, et ils portent les armes lorsqu'ils sont de faction au passant auquel ils veulent faire politesse. La naïveté du bon sens est encore une qualité remarquable chez les Noirs. Ainsi, pour rendre un fait, il n'entre pas dans la tête d'un Nègre de livrer ses jours et ses nuits à qui que ce soit pour un salaire quelconque". "Chose singulière, ces gens que l'on dit créés pour l'esclavage, une fois libres, sont si réfractaires à toute soumission absolue, qu'il est impossible d'en faire ce qu'on appelle de bons serviteurs, c'est-à-dire des laquais bien humbles et bien respectueux... Ils ne comprennent pas qu'ils doivent, pour un petit nombre de shillings, abandonner leur vie et leur libre arbitre à la volonté d'un autre. Cela tient aussi, il est vrai, à ce que, n'ayant pas de besoins acquis, ils n'éprouvent aucune privation lorsqu'ils passent des reliefs d'un maître à leur ordinaire particulier... Ils ne peuvent se faire à nos misérables distinctions, et ceux même de la plus basse classe se mettent naturellement de niveau avec tout le monde...".

Mais l'éuvre de Schélcher ne peut effacer les stigmates de l'esclavage.

Les marques de cette peste internationale restent indélébiles. Car l'esclavage des Noirs, c'est cinquante millions d'êtres humains assassinés systématiquement pendant quatre siècles avec la complicité du monde entier. S'il convient de saluer la mémoire de Wilberforce, d'honorer celle de Schélcher, de pr"ner l'esprit de conciliation et l'oubli du passé, il convient aussi de se demander s'il y a eu vraiment abolition de l'esclavage. Car les Noirs, où qu'ils se trouvent, en Afrique ou dans les Amériques, n'ont qu'un devoir, celui de se taire, qu'un droit, celui d'imiter. De toute façon, ils sont l'objet de vives critiques : soit qu'ils restent trop silencieux, soit qu'ils se révèlent trop brillants imitateurs. Quant à la spontanéité, elle ne doit se manifester que sur commande.

Le bourreau tue toujours deux fois

Défini comme "le statut ou la condition d'une personne sur laquelle est exercé tout ou partie des pouvoirs attachés au droit de propriété", l'esclavage, il faut le reconnaître, n'a pas été complètement éradiqué. Il persiste encore dans le monde et crée de nombreux ravages aussi bien en Afrique que chez les peuples africains déportés vers les Amériques. Le travail forcé infligé à des enfants mal nourris, mal logés, insuffisamment vêtus, et battus pour la moindre peccadille représente une forme d'esclavage et est loin d'être rare aussi bien dans les pays occidentaux que dans les pays africains et sous-développés comme Haïti. Les sans-abri, les sans-logis, les sans-papiers témoignent d'un nouvel esclavage. Certes l'individu n'est plus maltraité physiquement, mais il est étranglé économiquement ; on pense immédiatement aux pays qui ne sont pas suffisamment "majeurs" aux yeux des grandes places financières pour fixer eux-mêmes le prix du café, du cacao et des haricots produits par leurs paysans.

Enfin le traumatisme du passé Ä avoir été esclave parce qu'on est descendant d'"une race inférieure" Ä constitue une des séquelles les plus sournoises, les plus graves et les plus dangereuses pour les Noirs en général. Le livre d'Anténor Firmin "De l'égalité des races humaines" publié en France en réponse à Gobineau n'a jamais connu ni une simple mention dans la presse française ni une quelconque réédition. Alors que celui-ci a été souvent revisité. Elie Wiesel disait que "le bourreau tue toujours deux fois, la deuxième fois par le silence". L'hémorragie humaine, intellectuelle et culturelle de la traite des Nègres ne s'accommodera pas d'une simple commémoration : l'existence de l'abbé Grégoire, d'un Wilberforce et d'un Schélcher ne suffit pas à racheter le commerce du bois d'ébène, comme le dit le dicton ou la fable, ce serait laisser "le renard libre dans le poulailler libre". Célébrer la fin du cycle des abolitions sans mentionner les cinquante millions de Nègres assassinés pendant quatre siècles, c'est commettre en esprit un second génocide, comme le dirait Elie Wiesel.

 

JEAN METELLUS

 

(1) "Père de la traite", Georges Kay. Page 58.

(2) Id., page 61.

(3) "Rencontre des deux mondes vue par les peintres de Haïti". Edizioni Carte Segrete. 1992. Page 187. Catalogue de l'exposition consacré au demi-millénaire sous la direction de Jean-Marie Drot.

 


From: Jean Saint-Vil [mailto:jafrikayiti@hotmail.com]

Sent: Wednesday, April 23, 2003 11:06 PM

To: aa2004@

Cc: jafrikayiti@hotmail.com

Subject: Pourquoi restituer à l?état Haïtien la rançon de Charles X?

1) La rançon exigée fut injuste et illogique.

Les anciens colons, au nom desquels l'État Français collecta la rançon, ont tous vécus une vie de criminels paresseux vivants de la sueur et du sang d'hommes, femmes et enfants Africains qu'ils ont réduits en esclavage.  L'historien Jean Fouchard nous décrit en ces termes la vie coloniale à Haiti (St-Domingue disent les colons) :   « Pour le travail de l'esclave des plantations, la tâche commençcait aux approches de l'aube et se terminait la nuit venue....la p lupart des habitants, écrit M. de Galiffet, font travailler leurs nègres au-delà des forces humaines toute la journée et la plus forte partie de la nuit » (Les marrons de la liberté, 1972). En effet, pendant plus de deux siècles, les femmes Africaines ont litéralement alaité des blancs français (petits et grands, mâles et femelles) tandis que leurs propres petits, kidnappés, violés, vendus comme du bétail, mourraient de faim, assassinés, couverts des blessures que la barbarie esclavagiste les infligeaient. « la ration hebdomadaire que prévoyait le Code noir : les 3 cassaves de manioc, le poisson ou le boeuf salé furent trop souvent un rêve proposé à sa faim. Le menu le plus courant se limitait à quelques  patates bouillies et un peu d'eau...Nègres jetés vivants dans les fours ou suspendus sur des bûchers...nègres dont on brule avec un tison ardent les parties sexuelles...borrés de poudres et que l'on faisaient sauter ....nègre s dont on arrache les dents et qu'on oblige de manger les oreilles coupées...enterrés jusqu'au cou, enduits de sucre, mangés par les mouches ou placés pour une mort lente et cruelle près d'une ruche à fourmis.... » (les marrons de la liberté, Fouchard).

Chers frères et soeurs Homo sapiens sapiens, c'est donc pour les remercier de ce genre de bons services rendus à notre espèce que la France éxigea qu'Haiti  « dédommage » les colons chassés en 1803-04 du sol de Jean-Jacques Dessalines. 

2) La rançon a été soutirée de force et avec une ordonnance officielle de l'état français (documents historiques encore disponibles).

L'Ordonnace de Charles X stipule : « Nous concédons, à ces conditions, par la présente ordonnance, aux habitants actuels de la partie française de Saint Domingue, l'indépendance pleine et entière de leur gouvernement » (Art.3).  Donc, il s'agissait bel et bien de l'exigence d'une rançon en echange de libération consentie du joug français (esclavagiste). Que se taisent donc tous les magouilleurs (blancs, noirs ou confus) voulant aujourd'hui encore maquiller cet acte de zenglendisme avancé d'une même « très quelconque » légitimité.

3) L'acte criminel en question causa des tords évidents et énormes au peuple Haïtien, ceci sur plusieurs générations.

« Les habitants actuels de la partie francaise de Saint Domingue verseront à la caisse fédérale des dépots et consignations de France, en cinq termes égaux, d'année en année, le premier échéant au 31 décembre 1825, la somme de cent cinquante millions de francs, destinée à dédommager les anciens colons qui réclameront une indemnité » (Article 2).

Un des très francophiles hommes à la peau noire de mon pays alla récemment jusqu'à comparer la rançon de Charles X, citée ci-haut, aux indemnités négociées entres colons Anglais, lorsque certains d'entre eux choisirent de se dissocier de l'empire pour former les États Unis d'Amérique du Nord.   Ce compatriote, érudit de très petite histoire, écrit à l'actuel Président de la République d'Haiti, pour l'informer d'avoir commis une erreur grave en éxigeant restitution de la République française « Pendant des années, certes, nous avons refusé de payer les 12 millions, préférant voir accumuler les factures jusqu'au président Dumarsais Estimé qui, en 1949, mit fin à la dette.  56 ans après nous demandons à la France de nous restituer ce qui a été payé avec honneur, au prix d'or » écrit-il, avant de s'indigner et menacer la nation entière de déportation « Et si la France nous prend au mot, ne peut-elle pas après, à son tour, se sentir en droit de réclamer la restitution des terres, de tout notre territoire, au nom des descendants des ferm iers dépossédés, de nous remettre à nouveau en état de colonie, nous transformer en Département ou Territoire d'Outre-Mer (DOMTOM), et demander à ceux qui ne le désirent pas de retourner chez leurs ancêtres en Afrique, avec le pognon? ».

Non-obstant les nombreux détails historiques très intéressants que nous révéle le texte du compatriote, journaliste de son état,  ce n'est point le président Estimé qui mit fin à la « dette » (rançon).  Le tout dernier versement de celle-ci fut payé en 1922, sous la dictature mûlatrokkkratique de Louis Borno, doublée d'occupation États-Unienne. La dette qui fut liquidée par le Président Éstimé en 1949 était « due » aux blancs des Etats-Unis d'Amérique du Nord, qui eux, sont débarqués en 1915 pour établir des deux côtés de l'île une série de dictatures mûlatokkkratiques pour défendre leurs intérêts. Notons, qu'avec cette occupation Etats-Unienne, revînt la corvée (esclavage des Noirs forcés de construire des routes pour les occupants blancs et administrateurs mûlatres). Le grand homme de lettre et militant Afro-Américain James Weldon Johnson nous a laissé une immensité d'information sur le pillage du trésor public Haitien effectué à l'époque par les yankees. Voyez : www.windowsonhaiti.com (section histoire). Ainsi, il serait justifié de conclure que la dette payée par Estimé en 1949  fut elle aussi une abbération. Mais, de grâce, ne mélangeons pas les choses, et revenons à la rançon de Charles X collectée par l'État Français de 1825 à 1922.

4) Ce vol à main armée déshonore la France. La restitution constitue un premier pas indispensable vers sa réhabilitation aux yeux des gens civilisés. Tout refus d'honorer cette obligation morale, légale et historique en fait un état voyou, dans le vrai sens du terme.

Je risque ici de déplaire amèrement mon compatriote très francophile qui affirma que Jean-Pierre Boyer fut un « président (mal connu) qui n'aurait jamais accepté de payer pour l'Indépendance, mais qui s'est soumis à l'idée de dédommager des propriétaires pour des habitations et des biens privés ». M. Ady Jean-Gardy ajouta, pour défendre les Gaulois qu'il apprit tôt à aduler grâce à Astérix, Tintin et les chansonnettes de la Métropole qui ont égaillé aussi bien son enfance que la mienne : « Nous n'avons pas dédommagé l'État français, mais des fermiers privés pour des terres privées.  Les terres et locaux qui appartenaient à l'État français ne faisaient pas partie des biens à dédommager. » ;

Or, en plus du fait que le butin fut éxigé et collecté par l'État Français pour ses coffres, l'histoire du 19ième siècle nous rapporte le faits incontestables que suivent:

1. 1825: le roi français Charles X a bel et bien imposé à Haiti une "rançon" de 150 millions de Francs or pour la reconnaissance de l'indépendance d'Haiti.

2. 1838: la France reconnaît l'indépendance d'Haiti, après recette des premiers versements de la rançon (simple coincidence?).

3. 1848: la France aboli enfin l'esclavage sur les térritoires qu'elle déclare siens.

4. 1853: VOL À MAIN ARMÉE ! L'Amiral français Duquesne menace le bombardement de Port-au-Prince afin de forcer le rétablissement des paiments de la rançon de 1825. Ces derniers avaient été stoppés en 1852 par entervention de l'empereur Haitien Faustin Soulouque.

5. 1857-1900: les É.U. interviennent 19 fois dans les affaires haitiennes, souvent par "diplomatie des connoniers". ( Suivant l'exemple du VOL À MAIN ARMÉE DE LA FRANCE !)

6. juillet1861: aggression de cannoniers espagnols contre Haiti - Prétexte: les Haitiens sont suspectés d'appuyer les généraux Dominicains Cabral et Sanchez qui resistaient l'annexation de leurs territoire par l'Espagne.

7. 1861-1865: l'Espagne annexe la République voisine sur invitation de la minorité blanche et mulâtre qui la contrôle : Craignant un retour de l'esclavage sur l'île, Haiti appuie les forces anti-Espagnoles à regagner l'indépendance de la République Dominicaine. (HBC, p183)

8. [1862: fin de l'esclavage racial "légalisé" aux É.U. et reconnaissance diplomatique de la République d'Haiti, par les É.U.].

9. 1872: Aggression de cannoniers Allemands contre Haiti.

10. 1877:  Mars- Aggression de cannoniers Français contre Haiti. Prétexte: relancer les payments de la rançon de 1825 - balance estimée à 20 millions de Francs-or.

11. Décembre: Nouvelle aggression des cannonniers Espagnols. Prétexte: Haiti suspectée de porter assistance aux forces anti-esclavagistes de Cuba.

12. Août 1883: au milieu d'émeutes populaires qui paralysent Port-au-Prince, les représentants diplomatiques de France, Grande Bretagne, Allemagne, Belgique, Espagne, Hollande, Norvège et Suède signent un ultimatum commun dans lequel il menaçent le président haitien Lysius Féllicité Salomon de bombarder le palais national du pays.

5) La non-restitution à Haiti de l'infâme rançon de Charles X menace, en plus de déshonorer la France, de sonner le glas d'une francophonie internationale en agonie, qui repose aujourd'hui principalement sur le dos des anciens peuples colonisés et esclavagisés du continent Africain.

À un moment ou les Noirs de la planête deviennent de plus en plus conscients du double jeu de la France et des autres pays negrophobes qui tiennent un discours amical tout en agissant en ennemis redoutables des peuples Noirs, la France à intérêt à poser le premier geste noble que sera la restitution des 21 milliards de dollars éxigée par l'État haitien, le 7 avril dernier.

C'est la leçon à tirer des la conférence de Durban (Afrique du Sud, 2001), la Barbade (2002) ainsi que des déclarations du Chef de l'État Haitien, le 7 avril 2003, commémorant le bicentenaire de l'assassinat par privation de nourriture de Toussaint Louverture par la France.

 


Voyez aussi un excellent texte intitulé « MESSIEURS LES SENATEURS,

LES NOIRS NE SONT PAS DES ANGES» du courageux politicien français Louis Sala-Molins qui indique clairement pourquoi les excuses brandies pour ne pas effectuer la restitution ainsi que les réparations dues ne tiennent pas debout.

 http://www.wasadugu.org/rd.php3?id=600772

En effet M. Sala-Molins « si ce crime est imprescriptible, le temps court toujours du châtiment... »

Jafrikayiti

«Depi nan Ginen bon nèg ap ede nèg!»

http://www.i-port.net/sd-in-j/

Groupe Volontaires Outre-Mer

HAITI : LA DETTE HISTORIQUE DE LA FRANCE

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FORUM SOCIAL 2003 - UN ATELIER SUR LA DETTE DE LA FRANCE VIS-A-VIS D'HAITI

 

Par Gotson Pierre

 

Porto Alegre 25 janv. 03 [AlterPresse] --- "1804-2004 : la dette de la France vis-à-vis d'Haïti".

 

La dette de la France vis-à-vis d'Haïti a été le thème d'un atelier qui s'est déroulé ce 25 janvier à Porto Alegre, au Brésil, dans le cadre du Forum Social Mondial (FSM).

 

Cet espace de réflexion et de proposition, qui a attiré en particulier des Français, Haïtiens et autres Caribéens, a été organisé par l'association française de solidarité France Amérique Latine (FAL).

"Plus qu'une dette, la France doit à Haïti des réparations", a déclaré le Secrétaire Général de FAL, Fabien Cohen. Il a annoncé une série d'initiatives en vue de sensibiliser l'opinion publique internationale sur "les dettes" de la France envers Haïti. Il a parlé d'efforts de mise en réseau des associations qui souhaitent s'impliquer dans la célébration du bicentenaire d'Haïti. Des propositions seront faites dans le cadre du prochain Forum Social Européen, a poursuivi Fabien Cohen.

Le Secrétaire de France Amérique Latine veut éviter, a-t-il précisé, la polarisation actuelle entre le pouvoir et l'opposition en Haïti. L'idée a été émise que des interlocuteurs pourraient être trouvés au niveau des mouvements sociaux.

Intervenant à cette rencontre, le professeur français Christophe Wargny a mis en évidence "l'isolement d'Haïti et l'occultation de son histoire". La révolution des esclaves en 1804 en Haïti, fait partie des trois révolutions les plus importantes de l'humanité, avec les révolutions françaises et américaines, a souligné Christophe Wargny, en ajoutant qu'"on a organisé l'oubli de la tierce révolution".

Entre-temps, en Haïti, "les élites ont assumé la reproduction du système", a-t-il poursuivi, et, selon lui, "le bicentenaire que préparent les autorités en place n'est autre que simplement le culte des grands ancêtres, comme une religion".

Christophe Wargny prône le remboursement par la France de la rançon d'un montant de 150 millions de francs or qu'Haïti a été contraint de verser à l'Etat français, à partir de 1825, pour la reconnaissance de l'indépendance haïtienne. En outre, Christophe Wargny a déclaré qu'à l'occasion des 200 ans d'Haïti, "la France doit sortir de son silence, car l'esclavage est un crime contre l'humanité".

Une demande formelle dans le sens de la "restitution du tribut versé", a été adressée par la députée guyanaise Christiane Taubira, au Premier Ministre français, Jean-Pierre Raffarin, le 1er janvier 2003, jour anniversaire de l'indépendance d'Haïti. "Par ce geste accompli le jour où tous les Républicains du monde commémoreront le bicentenaire de la République d'Haïti, première République Noire au monde, la République française renouera avec ses ambitions universelles, porteuses du message de la Liberté, de la Justice et de la Fraternité", avait écrit la parlementaire.

Plusieurs Haïtiens et autres Caribéens ont pris part à l'atelier de Porto Alegre sur "la dette de la France vis-à-vis d'Haïti". Evoquant la difficile situation socio-économique et politique que vit actuellement le pays, Elvire Eugène, de l'Association des Femmes Soleil d'Haïti (AFASDA), s'est plainte du fait que, selon elle, le peuple haïtien a été "abandonné".

D'autres participants haïtiens ont mis en relief la logique manichéenne qui domine dans la présentation de l'image d'Haïti : soit un "discours stéréotypé", soit un "discours carte postale à des fins de lobby", qui évite de tenir compte du processus haïtien, intégrant les actions et propositions des mouvements sociaux et acteurs du développement.

Pour leur part, des Martiniquais se sont dits étonnés de voir à quel point même les pays de l'Amérique latine n'évoquent pas Haïti, par exemple dans le cadre du Forum Social Mondial, alors que la "révolution haïtienne a joué un rôle fondamental dans la l'émancipation des pays de la région". Ils ont annoncé la mise en ¤uvre d'activités en Martinique pour marquer le bicentenaire d'Haïti.

Par Gotson Pierre